Un petit post à conotation historique :
Le 21 mai est férié au Chili. C'est le "Jour de la Marine", les chiliens commémorent la mort de leur héros Arturo Prat lors du combat naval de Iquique, bataille qui eut lieu lors
de la guerre du Pacifique (1879-1884) opposant le Chili à ses voisins Péruvien et Bolivien... extrait de wikipédia :
"Lors du combat naval d'Iquique, le Huascar [bateau péruvien], commandé par
Miguel Grau
Seminario arriva à couler un vieux mais emblématique bateau chilien, La Esmeralda, défendue par son capitaine Arturo Prat. L’Independencia, le meilleur bateau péruvien se
lança sur la Covadonga : son capitaine, Carlos Condell, amena la Covadonga vers des zones peu profondes, et fit s’échouer le navire péruvien à Punta Gruesa. Le résultat de
la journée fut donc en faveur du Chili, qui perdit un bateau en bois, mais réussit à échouer puis couler le meilleur
cuirassé péruvien."
(plus de détails : http://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_du_Pacifique_%281879-1884%29)
La guerre fut plus ou moins gagnée par le Chili, privant notamment la Bolivie d'accès à la mer, avec les conséquences actuelles que l'ont connaît... Sujet polémique et sensible dans les
trois pays concernés.
Toujours est-il que cette date marque deux évènement marquant : commémoration de la mort d'Arturo Prat/ de la guerre du Pacifique à Valparaiso, avec cérémonial national en présence de la
Présidence Chilienne, président(e) qui en profite pour donner un discours au Congrès, devant les députés et sénateurs, sur la politique en cours. Le Congrès se situe en effet à Valparaiso, dans
un but de "décentralisation", mais j'ai cru comprendre qu'il s'agissait d'un semi échec dans la pratique - trop loin, à moitié déserté par les élus - et - avis plus personnel
- un échec total d'architecture (!). Une pierre deux coups, c'est LA visite annuelle du président(e) chilien à Valparaiso.
Sauf qu'en fonction des années, cette visite est plus ou moins bien reçue... par de nombreuses manifestations. Chaque année débarquent de nombreux policiers venus de Santiago pour
veiller au "maintient de l'ordre" dans une ville connue pour être assez "à gauche" car jeune, étudiante...
Et comme cette année cet évènement fut précédé par un mois de grève des lycéens et étudiants, vous vous doutez de la tournure qu'a pris la chose...
plaza Sotomayor : cérémonie très calme - et très encadrée - de commémoration de la
bataille du 21 mai 1879
les rues proches du Congrès étaient bien différentes, ça a dégénéré - comme chaque année paraît-il - avec affrontements entre manifestants et policiers, jets de projectiles contre gaz
lacrymogène... j'ai peu de photos...
un groupe de policières Madames...
autre quartier de Valpo, plus proche du Congrès : les fiers "pacos chilenos" sur leur montures impressionnantes... je n'avais encore jamais vu de police montée à Valparaiso et suppose
qu'ils venaient tout droit de la capitale. Les chevaux sont gigantesques, et pas impressionnés du tout par la foule ou les jets de projectiles.
note : paco c'est "flic", mais faut éviter de leur dire en face... terme politiquement correct : carabinero
ah ! quelle fière allure...
c'est pas drôle mais ils me font penser aux flics du 5e élément avec leur costume "futuriste"...
je ne crois pas vous avoir encore révélé la devise des carabineros chiliens, inscrite sur les voitures par exemple : "por la razon o la fuerza" = "par la raison ou par la force"...
assez fasciste non ?
à noter que c'est aussi (un peu) la devise chilienne, inscrite sur certaines pièces de monnaie (absente sur les nouvelles)
la dictature est récente et certaines choses mettent du temps à changer...
et le clou du spectacle : le camion avec lance-eau pour disperser la foule
fin des "incidents"... et dans un quartier plus éloignés du Congrès : après la cérémonie, défilé des militaires dans les rues...
En fait la complexité de ce jour réside dans le mélange de deux évènements qui n'ont rien à voir : un jour férié où la nation devrait se reconnaître, et un discours politique annuel qui appelle
les opposants à manifester leur mécontentement.
allez pour ne pas rester sur de telles images, encore quelques photos de Valparaiso :
je me rends compte que cet article n'est pas très valorisant pour la société chilienne... disons seulement que les gens, les jeunes en tout cas, sont assez désabusés, n'ont quasiment
aucune confiance en leur système politique, et s'opposent radicalement à la police qui, bien qu'ayant le mérite d'être une des seules d'Amérique du Sud à ne pas être corrompue, est
encore très fortement assimilée à la dictature.
"pero este puerto amarra como el hambre, no se puede vivir sin conocerlo"
+/- = "mais ce port mord comme la faim, comment vivre sans le connaître ?"
traduction "libre" d'un vers d'Osvaldo Rodriguez, poète chilien contemporain
A part ça, dans les petites nouvelles, au lendemain du 21 mai, la grève s'est terminée : les cours ont repris aujourd'hui. Il va falloir rattraper 1 mois de cours en 6 semaines, ça
risque d'être très condensé donc je serai occupé...
Bref peut être l'un des derniers articles sur le blog !
Sinon, les étudiants ont obtenu seulement une partie de leur revendication (gel du tarif étudiant dans les transports).
Valparaiso sous les nuages/la pluie depuis une semaine...
l'invitation est lancée...
bien sûr le voyage serait un peu long, et coûteux, mais j'ai trouvé le moyen de vous faire passer un moment au Chili, à Valparaiso notamment, à mes côtés... ou presque.
Votre guide sera en fait Antoine de Maximy, et son émission-reportage-documentaire nommée J'irai dormir chez vous. Pour ceux qui ne connaissent pas, le concept se résume au titre :
chaque émission se passe dans un pays différent, le type voyage seul à la rencontre des autochtones dans le but d'arriver à squatter chez eux. Ce qui est bien entendu un prétexte pour
partir à la découverte du pays et de sa culture... un concept à la fois philanthrope et narcissique puisque Maxime s'auto-filme en permanence, mais dans le fond sympathique et intéressant.
Le numéro au Chili est marrant et donne un petit aperçu du pays.
A Valparaiso vous aurez notamment droit à la micro, l'inévitable transport urbain...
Egalement représentatif, les lycéens en uniforme, l'intérieur très kitsch des maisons chiliennes, les empanadas... on reconnait aussi quelques rues du centre de la ville.
sans oublier le rythme très chilien avec la panaderia (boulangerie) qui ouvre à 10h, le petit déj' au coca-cola du boulanger qui prépare quelques minutes après des hallullas, petits pains ronds
et plats, très courants.
Dans les environs de Salta, la quebrada de Cafayate...
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